lundi 27 février 2017

Yoga à la maison (et en famille)


J'ai pratiqué le yoga en club pendant une année et demi, c'était il y a six-sept ans environ dans le cadre d'un cours collectif. La moyenne d'âge des adhérents frôlait la soixantaine, la logique du cours était à mille lieues de la compétition ou du challenge, au contraire, j'y ai appris le respect du rythme de chacun, la lenteur et l'écoute de soi comme condition sine qua non de l'efficacité. 

Le yoga, un sport ?

Pour certains, le yoga n'est pas un sport, il paraît trop mou, trop lent, pas assez tonique. Pour moi, c'est sans conteste un sport, une discipline. Une discipline de l'être : une discipline du corps et de l'esprit qui ne font qu'un. 
En yoga, on ne force pas. Et c'est peut-être là la difficulté ! La base de la pratique, c'est le souffle : il guide les mouvements, porte l'énergie. Se concentrer sur son souffle est par ailleurs un bon vecteur de pleine conscience, un moyen de se recentrer sur le présent, sur le mouvement qu'on est en train d'effectuer. En yoga, comme en méditation d'ailleurs, il faut savoir être observateur. Accueillir les sensations, sans jugement.

mardi 7 février 2017

Trente-huit

Trente-huit.
C'est le nombre de jours que 2017 a déjà égrenés.  C'est un peu fou, non ?

Janvier est un mois particulièrement éprouvant pour moi, sur le plan professionnel : un calendrier over-booké, des déplacement qui amputent plusieurs journées des moments habituellement consacrés aux enfants, des jours encore très courts où l'on peine à voir la lumière du soleil, beaucoup de froid, de la pluie, les lèvres gercées et la peau craquelée. Un buisson d'épines et de givre dont je me tire avec peine.
Février arrive alors et je respire un grand coup. Les tensions, les déceptions, la pression, les pensées toxiques ruminées, le grain donné à moudre aux mauvaises personnes, les broutilles qui parasitent les bonnes ententes, les listes que je dresse dans ma tête pour ne rien oublier, les détails techniques à soigner dans un élan chronophage, tout peut enfin s'évaporer en une grande expiration.
Hey, salut février !

Je pourrais lister tout ce que je ne vous ai pas raconté, et qui a pourtant été déterminant ces trente-huit matins. 
L'Hirondelle qui va désormais à l'école, le cœur gonflé d'enthousiasme et le sourire jusqu'aux oreilles de courir avec les copains.
Le Crapaud qui nous assaille de questions existentielles et qui est chaque jour un défi lancé à notre patience, une boule d'émotions qui peinent à se nommer et qu'il nous faut décrypter.
Par exemple.
Les lectures qui portent. Mathieu Ricard, Catherine Guégen, Cyril Dion. Entre autres. Aussi.

Il y a aussi chez nous depuis plusieurs semaines un formidable bouillon d'envies et de projets, tant sur le plan culturel que sur le plan citoyen, et j'espère sincèrement que nous arriverons à mettre tout cela sur pied. Nous avons passé un point de bascule et sommes, il me semble, en train de nous constituer un nouveau réseau de connaissances, outre notre noyau d'amis infaillibles, un réseau riche en personnes enthousiastes, enrichissantes, intéressantes, et surtout positives. Notre quotidien, depuis 2015, a pris un virage. Mais 2017 sera déterminante, je crois. 

Trois cent vingt-sept.
C'est le nombre de réveils que nous promet encore l'année. Trois cent vingt-sept occasions d'être un peu meilleurs. Trois cent vingt-sept pas en avant.

lundi 2 janvier 2017

Pointes au crochet : le granny XXL

Noël est toujours une occasion pour laquelle j'aime coudre ou tricoter des cadeaux faits-maison
Cette année, encore plus que les autres, je n'ai pas renoncé à cette envie. 
J'ai la chance d'avoir encore mes deux grands-mères, et j'ai eu très très envie de leur faire plaisir, presque même de leur rendre hommage, car je sais bien comme elles pensent à moi quand elles retrouvent dans leur grenier des coupons de tissu, des pelotes de laine... C'est d'ailleurs ma mamie qui m'a initiée à la couture et j'ai pris beaucoup de plaisir dans cette transmission inter-générationnelle. 

Cette année, donc, j'ai mis à profit nos vacances pour crocheter deux châles (ou pointes). Je me suis mise au crochet l'année dernière mais y ai vraiment consacré du temps depuis l'été dernier. Monsieur s'y est mis aussi d'ailleurs et nous faisons à nous deux une bonne paire de granny addicts !

samedi 31 décembre 2016

Au revoir 2016...


Ô, 2016, comme tu as été douce, piquante, exaltante, déstabilisante, enthousiaste, terrorisante, sucrée, sportive, éprouvante... 2016, nous ne t'oublierons pas de si tôt, c'est certain. 

Ces deux semaines de vacances de Noël sont la plus belle façon de clore ce chapitre. Lovée dans mon canapé, entre les enfants qui regardent un disney et le chat qui ronronne, un châle en crochet en cours sur les genoux, un thé tiède dans la main, un amoureux pensif en face de moi, je me dis que la pause est méritée.

2016 fut un parcours initiatique. Un couple qui se croyait intouchable et qui s'est cassé la figure dans son sommeil. Une descente aux enfers. Des péripéties et des belles rencontres qui nous ont remis sur pied, même si nous avons encore beaucoup claudiqué et trébuché. Nous finissons l'année sans doute plus forts, mais aussi beaucoup plus conscients de la fragilité de tout ce qui nous entoure. Notre famille, notre santé, nos enthousiasmes, nos engagements, notre bien-être à la maison comme au travail... 2017 va nous demander beaucoup d'énergie pour enlever les grains de sable des rouages, mais nous nous estimons heureux de pouvoir le faire main dans la main. 2016 n'aura pas eu notre peau.

jeudi 15 décembre 2016

Esprit de Noël, es-tu là ?

Noël cette année aura une saveur particulière. Tout simplement parce que pour une fois, nous avons choisi de nous retrouver juste tous les 4, dans une autre atmosphère, le temps de quelques jours.

A vrai dire, depuis que je suis adulte, Noël est devenu une fête très anxiogène pour moi. Chaque année depuis environ 10 ans, j'avance vers cette fête à reculons, accablée par le poids des convenances et des non-sens.

Déjà, depuis que nous sommes en couple et que nos deux familles font leur repas de fêtes le même jour, il faut forcément trancher. Choisir avec qui on passera Noël chaque année, et donc, chaque année décevoir l'une des deux familles. Pour nous, hors de question de passer Noël séparément chacun dans sa famille, car notre famille, c'est avant tout notre couple (et désormais nos enfants), donc c'est à deux ou rien.

Il y a ensuite des gens avec qui nous n'avons pas trop d'affinités mais avec qui il faut quand même parfois partager la table, et cela ne nous met pas très à l'aise. Les mascarades sociales autour de la dinde, est-ce vraiment ça l'esprit de Noël ?

L'orgie de cadeaux, elle aussi, nous met parfois dans l'embarras, et ce d'autant plus que les enfants grandissent et se retrouvent ensevelis sous des tonnes de jouets made in china ou de bijoux technologiques hors de prix, et qu'ils en perdent en conséquence la saveur des cadeaux (Filez lire cet article sur mon blog à 4 mains si le cœur vous en dit).

Cette année, alors que nous avons traversé une énorme crise au sein de notre cocon, il nous paraissait essentiel d'être un tout petit peu égoïstes et de se préserver, au moins cette année, de toutes ces convenances tellement pesantes, de toutes ces orgies de nourriture et de cadeaux, de tout ce gaspillage d'argent et de temps...

mercredi 23 novembre 2016

Seasons

Un an après le lancement de l'aventure zéro déchet chez nous, et une crise de couple (et pas des moindres) plus tard, nous ressentons depuis l'orée de l'automne le besoin de nous recentrer sur le présent et de retrouver le vrai temps des choses.

Notre "transition verte" plus globale va bien évidemment dans ce sens également. Respecter le rythme de la nature, manger des fruits et légumes de saison... Un vrai défi pour moi qui étais faite pour être provençale tant je me régale des légumes du soleil. Les courges, les choux, autant de légumes aux multiples variétés que je me dois d'apprivoiser. (D'ailleurs ce soir pour me réconcilier avec ces mini-citrouilles, je vais les farcir façon tartiflette, ahah... le fromage, c'est la vie.). Les fruits et légumes d'automne sont coriaces. Ils sont difficiles à découper, à cuisiner, je trouve. Mais la confiture de châtaignes que j'ai cuite la semaine dernière, même si elle m'a occupée quelques heures, en garde au fond une saveur particulière. Le goût d'un gros pull qui m'a réchauffée alors que le temps était gris et humide, le goût des 3 cm² de contact entre ma hanche et celle de l'homme alors que nous nous appliquions à éplucher les fameuses châtaignes tous les deux au-dessus d'un même saladier.

Et puis cette année, nous faisons de la résistance face au tumulte commercial lié à Noël. 23 novembre: nous n'avons encore acheté aucun cadeau. Noël en septembre, très peu pour nous. Oui car c'est bien en septembre désormais que les magasins installent les articles de Noël. Je ne m'en remets pas. On parle de Noël pendant un quart de l'année... NOR-MAL !!! Et après on trouve que les enfants sont impatients, y aurait pas un hic ? En fait, c'est comme si l'automne n'existait pas. 

Je vous en parlais ici, cette année, j'ai décidé de me réconcilier avec l'automne. Mea culpa, je l'ai souvent affublée de tous les clichés liés à la grisaille et à la pluie. Pourtant, la nature est bien faite et pare les jardins et les paysages de reflets si chatoyants : les citrouilles, les feuilles égrenées par les arbres, les couchers de soleil flamboyants à dix-sept heures...

J'ai souvent dit que novembre était un mois qui ne servait à rien, si ce n'est à faire mourir les vieilles gens et les malades. Je crois que novembre est aussi une parenthèse qui fait la part belle aux embrassades sur les canapés, aux mains lovées autour d'un chocolat chaud, aux lainages et tricots qui enrobent de douceur, aux bougies qui tamisent les ambiances et apaisent les rancœurs, à la mélancolie bien dosée qui borde le lit de nos souvenirs. 

Novembre, il te reste une semaine, et je n'ai pas fini de danser sur mon parquet pour célébrer mes amours, mes victoires, mes projets enthousiasmants et les conduire en mon cœur jusqu'à l'hiver !

vendredi 4 novembre 2016

Le sens

Pouvais-je seulement imaginer il y a quelques mois encore que 2016 me changerait à ce point ?
L'année n'est pas encore terminée et cet article prend une allure de bilan, c'est vrai.
En cette aube de novembre, je sais que rien ne sera jamais plus pareil.
 
2016 aura été pour moi, et pour au moins deux autres personnes de mon "entourage", je crois, un tourbillon.
Nous étions tombés très bas jusqu'aux tréfonds du ronronnement quotidien, nous n'étions plus que des fantômes englués dans une routine qui n'avait plus vraiment de sens. Des routes se sont croisées, nous ont permis de nous réveiller, comme si l'on venait de nous jeter un seau d'eau froide sur la tête en plein sommeil, même.

Brutal, inattendu, efficace.

Il faut parfois toucher le fond pour pouvoir y donner le coup de pied salvateur et remonter à la surface. En ce 4 novembre, je crois pouvoir dire que je sais qui je suis, où je vais, et pourquoi j'y vais.
Je sais aussi ce que je ne suis pas, ce que je ne veux pas. Et je mesure les progrès que je peux faire pour être plus en paix avec moi-même.

Bref, j'ai trouvé du sens.  Le sens.

Ce sens même qui me rend moins présente ici parce que je sais comme je m'attardais parfois sur des futilités. Ce sens qui me reconnecte doucement aux autres. Ce sens qui m'a sevrée des magasins (mon dernier achat "mode" neuf étant... une paire de pompes de randonnée!) et qui chaque jour me fait redéfinir mes vrais besoins. Ce sens qui me permet de réinvestir la famille que l'homme et moi avons construite, main dans la main avec lui, car il s'est pris la même claque dans la figure et se trouve confronté à la même transition que moi.

Aujourd'hui, on regarde les 11 ans de notre relation qui sont derrière, les 3 déménagements, les tonnes de bazar entreposé "au cas où", et on se demande pourquoi on a voulu un logement toujours plus grand, avec toujours plus de "potentiel" (donc de travaux). On se demande si on ne peut pas vivre avec une seule voiture au lieu de deux. Si on ne peut pas se simplifier la vie avec une maison plus petite mais plus en accord avec nos envies (fonctionnalité, efficacité énergétique, campagne, jardin...). Bref, on a l'impression de s'être fourré un énorme doigt dans l’œil depuis une décennie, celui de l'insatisfaction perpétuelle, de la consommation, et le réveil pique un peu.

Ce vers quoi nous cheminons s'apparente, je crois, à cette mouvance fort saine appelée "sobriété heureuse". Se satisfaire de peu, mesurer sa chance, revenir à l'essentiel et préférer l'être à l'avoir. C'était en germination en moi depuis plus d'un an maintenant, je le sais, mais il a fallu risquer de tout perdre pour m'en apercevoir.

J'ai la chance de partager mon quotidien avec un homme dont la capacité de remise en question est assez phénoménale, un homme capable de beaucoup d'écoute, de patience, mais surtout de beaucoup d'évolution et d'adaptation. Il a aussi ses défauts, mais je connais ma chance et j'espère pouvoir lui rendre un jour au centuple cette ouverture d'esprit.

Ce sens trouvé dans ma vie, je le dois aussi à une rencontre. Une personne qui a "traversé" ma vie pendant un trimestre, qui m'a donné confiance en moi, qui me ressemble beaucoup, une sorte de "double bénéfique", de "meilleure version de moi-même" sur certains points, qui a reflété mon enfant intérieur claudiquant à travers le sien. C'était peut-être le chaînon manquant pour une transition effective. Je sais que tu me lis, et je te remercie pour tout.

Si j'en viens à livrer ces états d'âmes ici, c'est pour vous dire que oui, j'ai changé, certes. Mais je m'interroge aussi sur ce que devient la blogosphère féminine. J'ai l'impression que l'aspect humain et l'échange disparaissent parfois au profit d'une vaste et géante publicité sournoise mais omniprésente. J'ai de plus en plus de mal à trouver personnellement un intérêt dans la lecture des articles orientés mode ou déco, parce que j'ai l'impression qu'à part me créer de nouveaux désirs, de faux besoins, ils ne m'apporteront foncièrement pas grand chose.

Ma blogosphère idéale, je la vois de plus en plus comme un partage d'expériences et de belles/bonnes idées, une mise en avant d'initiatives solidaires et innovantes, de moins en moins comme une vitrine consumériste. Finalement, c'est aussi cette utopie que je voudrais voir en application dans notre société, qui ne cesse de se perdre dans des combats absurdes et perdus d'avance...

En fait, peut-être que je vieillis, tout simplement...  ;)