mercredi 23 novembre 2016

Seasons

Un an après le lancement de l'aventure zéro déchet chez nous, et une crise de couple (et pas des moindres) plus tard, nous ressentons depuis l'orée de l'automne le besoin de nous recentrer sur le présent et de retrouver le vrai temps des choses.

Notre "transition verte" plus globale va bien évidemment dans ce sens également. Respecter le rythme de la nature, manger des fruits et légumes de saison... Un vrai défi pour moi qui étais faite pour être provençale tant je me régale des légumes du soleil. Les courges, les choux, autant de légumes aux multiples variétés que je me dois d'apprivoiser. (D'ailleurs ce soir pour me réconcilier avec ces mini-citrouilles, je vais les farcir façon tartiflette, ahah... le fromage, c'est la vie.). Les fruits et légumes d'automne sont coriaces. Ils sont difficiles à découper, à cuisiner, je trouve. Mais la confiture de châtaignes que j'ai cuite la semaine dernière, même si elle m'a occupée quelques heures, en garde au fond une saveur particulière. Le goût d'un gros pull qui m'a réchauffée alors que le temps était gris et humide, le goût des 3 cm² de contact entre ma hanche et celle de l'homme alors que nous nous appliquions à éplucher les fameuses châtaignes tous les deux au-dessus d'un même saladier.

Et puis cette année, nous faisons de la résistance face au tumulte commercial lié à Noël. 23 novembre: nous n'avons encore acheté aucun cadeau. Noël en septembre, très peu pour nous. Oui car c'est bien en septembre désormais que les magasins installent les articles de Noël. Je ne m'en remets pas. On parle de Noël pendant un quart de l'année... NOR-MAL !!! Et après on trouve que les enfants sont impatients, y aurait pas un hic ? En fait, c'est comme si l'automne n'existait pas. 

Je vous en parlais ici, cette année, j'ai décidé de me réconcilier avec l'automne. Mea culpa, je l'ai souvent affublée de tous les clichés liés à la grisaille et à la pluie. Pourtant, la nature est bien faite et pare les jardins et les paysages de reflets si chatoyants : les citrouilles, les feuilles égrenées par les arbres, les couchers de soleil flamboyants à dix-sept heures...

J'ai souvent dit que novembre était un mois qui ne servait à rien, si ce n'est à faire mourir les vieilles gens et les malades. Je crois que novembre est aussi une parenthèse qui fait la part belle aux embrassades sur les canapés, aux mains lovées autour d'un chocolat chaud, aux lainages et tricots qui enrobent de douceur, aux bougies qui tamisent les ambiances et apaisent les rancœurs, à la mélancolie bien dosée qui borde le lit de nos souvenirs. 

Novembre, il te reste une semaine, et je n'ai pas fini de danser sur mon parquet pour célébrer mes amours, mes victoires, mes projets enthousiasmants et les conduire en mon cœur jusqu'à l'hiver !

vendredi 4 novembre 2016

Le sens

Pouvais-je seulement imaginer il y a quelques mois encore que 2016 me changerait à ce point ?
L'année n'est pas encore terminée et cet article prend une allure de bilan, c'est vrai.
En cette aube de novembre, je sais que rien ne sera jamais plus pareil.
 
2016 aura été pour moi, et pour au moins deux autres personnes de mon "entourage", je crois, un tourbillon.
Nous étions tombés très bas jusqu'aux tréfonds du ronronnement quotidien, nous n'étions plus que des fantômes englués dans une routine qui n'avait plus vraiment de sens. Des routes se sont croisées, nous ont permis de nous réveiller, comme si l'on venait de nous jeter un seau d'eau froide sur la tête en plein sommeil, même.

Brutal, inattendu, efficace.

Il faut parfois toucher le fond pour pouvoir y donner le coup de pied salvateur et remonter à la surface. En ce 4 novembre, je crois pouvoir dire que je sais qui je suis, où je vais, et pourquoi j'y vais.
Je sais aussi ce que je ne suis pas, ce que je ne veux pas. Et je mesure les progrès que je peux faire pour être plus en paix avec moi-même.

Bref, j'ai trouvé du sens.  Le sens.

Ce sens même qui me rend moins présente ici parce que je sais comme je m'attardais parfois sur des futilités. Ce sens qui me reconnecte doucement aux autres. Ce sens qui m'a sevrée des magasins (mon dernier achat "mode" neuf étant... une paire de pompes de randonnée!) et qui chaque jour me fait redéfinir mes vrais besoins. Ce sens qui me permet de réinvestir la famille que l'homme et moi avons construite, main dans la main avec lui, car il s'est pris la même claque dans la figure et se trouve confronté à la même transition que moi.

Aujourd'hui, on regarde les 11 ans de notre relation qui sont derrière, les 3 déménagements, les tonnes de bazar entreposé "au cas où", et on se demande pourquoi on a voulu un logement toujours plus grand, avec toujours plus de "potentiel" (donc de travaux). On se demande si on ne peut pas vivre avec une seule voiture au lieu de deux. Si on ne peut pas se simplifier la vie avec une maison plus petite mais plus en accord avec nos envies (fonctionnalité, efficacité énergétique, campagne, jardin...). Bref, on a l'impression de s'être fourré un énorme doigt dans l’œil depuis une décennie, celui de l'insatisfaction perpétuelle, de la consommation, et le réveil pique un peu.

Ce vers quoi nous cheminons s'apparente, je crois, à cette mouvance fort saine appelée "sobriété heureuse". Se satisfaire de peu, mesurer sa chance, revenir à l'essentiel et préférer l'être à l'avoir. C'était en germination en moi depuis plus d'un an maintenant, je le sais, mais il a fallu risquer de tout perdre pour m'en apercevoir.

J'ai la chance de partager mon quotidien avec un homme dont la capacité de remise en question est assez phénoménale, un homme capable de beaucoup d'écoute, de patience, mais surtout de beaucoup d'évolution et d'adaptation. Il a aussi ses défauts, mais je connais ma chance et j'espère pouvoir lui rendre un jour au centuple cette ouverture d'esprit.

Ce sens trouvé dans ma vie, je le dois aussi à une rencontre. Une personne qui a "traversé" ma vie pendant un trimestre, qui m'a donné confiance en moi, qui me ressemble beaucoup, une sorte de "double bénéfique", de "meilleure version de moi-même" sur certains points, qui a reflété mon enfant intérieur claudiquant à travers le sien. C'était peut-être le chaînon manquant pour une transition effective. Je sais que tu me lis, et je te remercie pour tout.

Si j'en viens à livrer ces états d'âmes ici, c'est pour vous dire que oui, j'ai changé, certes. Mais je m'interroge aussi sur ce que devient la blogosphère féminine. J'ai l'impression que l'aspect humain et l'échange disparaissent parfois au profit d'une vaste et géante publicité sournoise mais omniprésente. J'ai de plus en plus de mal à trouver personnellement un intérêt dans la lecture des articles orientés mode ou déco, parce que j'ai l'impression qu'à part me créer de nouveaux désirs, de faux besoins, ils ne m'apporteront foncièrement pas grand chose.

Ma blogosphère idéale, je la vois de plus en plus comme un partage d'expériences et de belles/bonnes idées, une mise en avant d'initiatives solidaires et innovantes, de moins en moins comme une vitrine consumériste. Finalement, c'est aussi cette utopie que je voudrais voir en application dans notre société, qui ne cesse de se perdre dans des combats absurdes et perdus d'avance...

En fait, peut-être que je vieillis, tout simplement...  ;)

dimanche 30 octobre 2016

Automne

Je n'aime pas l'automne. C'est ce que je me dis chaque année, quand septembre fait ses valises, faisant place nette pour octobre qui vient toujours trop vite. 
Le mot anglais fall contient à lui seul ce que je mets derrière le terme automne. La chute. Celle des feuilles d'arbres, bien sûr, qui laissent peu à peu les troncs tels des cadavres, après avoir embrasé une dernière fois les branchages de couleurs flamboyantes.
L'automne est la saison où tout s'éteint, celle qui ne décore nos éphémérides que de guirlandes de jours de plus en plus sombres, de plus en plus humides. Et quand se traîne jusqu'à nos portes le mois de novembre, ce sont les vieilles gens qui elles aussi s'éteignent, enfonçant nos cœurs vers l'hiver si proche.
Cette année je n'ai pas vu partir l'été, et contre toute attente, j'en viendrais presque à aimer cet automne qui semble vouloir nous offrir des stocks de soleil en réserve. 
Le dimanche, dès que nous le pouvons, nous partons en famille parcourir les sentiers. Et je découvre cette saison que j'avais jusqu'alors boudée. Les pommiers sauvages qui nous offrent le goûter, les champignons, les aubépines aux parures rubis, les quelques mûres en hauteur, qui ont survécu aux gourmands, et qui, au milieu des ronces, se méritent !

La jeune fille que j'étais naguère ne jurait que par le printemps et ses cerisiers du japon qui parent les jardins de pompons. La femme que je deviens se surprend à trouver dans la mélancolie de l'automne une beauté qu'elle ne soupçonnait pas. 
Il y a dans ce qui s'éteint une urgence à saisir. Une intensité éphémère qu'on absorbe en ouvrant grand les yeux, pour ne rien manquer. Et garder tout l'hiver, ô, merveille, le souvenir pourtant évanescent d'une diapositive aux notes dorées et vermeilles.

mercredi 19 octobre 2016

Eloge de la lenteur

Je me demande si c'est le camping qui a été le déclic. Ou si c'est finalement une suite logique de ma démarche zéro déchet. Ou encore si c'est lié à ma "crise" familiale récente.

Dans tous les cas, cette rentrée des classes 2016 a été marquée par une petite révolution, une quête, un changement, à peine perceptible parfois, mais essentiel. Depuis quelques semaines, nous sommes à la maison dans ce que j'appelle l'éloge de la lenteur.

Nous sommes dans une société où tout va très vite. Trop vite. On grille un feu rouge pour gagner deux minutes sur un trajet. On râle quand on attend au drive. On trouve que les 90 secondes de préchauffage de la Senseo sont trop longues, parce qu'on veut un café instantané. On mange des plats prêts en 2'30" au micro-ondes parce que c'est trop long de se faire cuire un œuf. On achète des robots de cuisine qui coûtent un mois de salaire parce qu'on aura rien à faire et que le bourguignon sera prêt en 20 minutes. On s'inquiète quand un enfant ne tient pas assis à 6 mois, debout à 8, et qu'il ne court pas à un an. Tout doit aller vite.

Combien de fois par jour disons-nous "dépêche-toi" à nos enfants ?

L'an dernier, j'étais arrivée à un stade assez proche du craquage nerveux, à cause, notamment, de la folle course quotidienne. Se lever à 6h40, et avoir deux enfants nourris et habillés prêts à monter dans la voiture avec une maman fraîche et pomponnée à 7h40. La bonne blague !

Depuis la rentrée, je me lève à 6h, volontairement. Oui oui. Parce qu'ainsi, de 6h à 6h30, je me pose seule dans le salon avec mon café, je prends mon petit-déj, et je me réveille, doucement, tranquillement. Et c'est juste délicieux.

Notre mode de vie zéro déchet nous a fait revoir l'utilisation de nos appareils électro-ménagers. On n'a plus de cafetière à dosette, mais juste une cafetière italienne à poser sur le gaz. Faire un café prend désormais 5 minutes au lieu d'une minute 30, et à vrai dire, on ne s'en porte pas plus mal. On a viré le micro-ondes, cet appareil énorme censé faire tout plus vite, et qui nous servait essentiellement à réchauffer des choses, à tiédir le lait des enfants... On utilise une casserole désormais, et ça va trois fois plus vite, finalement, ahah. On fait beaucoup de plats maison, on fait mijoter des blanquettes, des pots-au-feu, on prépare des gâteaux, et oui, ça vaut le coup de s'embêter : pour mieux manger, se régaler, et savoir la qualité et la valeur de ce qu'on a dans la bouche. 

Je prends plaisir à tricoter, à crocheter, à coudre, parce que ça prend du temps, et que le temps passé sur les ouvrages leur donne toute leur valeur, toute leur préciosité. C'est bon de retrouver le "vrai temps" des choses, de ne plus grappiller des minutes sans intérêt sur une journée de 24 heures. 
On a aussi enlevé la télévision, si chronophage. Et bien vous savez quoi ? Elle ne manque à personne, pas même aux enfants, qui ont dû mettre une journée à se sevrer tout au plus. Du fait,on redécouvre nos rythmes biologiques : on attend pas la fin de tel épisode pour aller au lit, on y va quand on est fatigués, on se couche au final une heure plus tôt en moyenne alors qu'on a l'impression d'avoir profité dix fois plus de notre soirée, parce qu'on a parlé/lu/écouté de la musique/tricoté, etc.

Avec les enfants, on prend aussi le temps de s'occuper de petites plantes. Faire des boutures, les mettre dans l'eau, attendre qu'il y ait des racines pour les repiquer. Planter un petit pois, attendre une semaine pour qu'il sorte de terre, trois pour que le plants fortifie.

Je crois que c'est essentiel de donner à nos enfants la notion du vrai temps des choses, oui. Tout n'est pas instantané, les repas qu'on mange ont demandé un temps considérable pour que les légumes poussent, pour que quelqu'un les nettoie, les cuisine. Les vêtements qu'on porte on été conçus, cousus ou tricotés par des gens. Alors on prend conscience seulement du gaspillage qui nous entoure, et on apprend à apprécier ce qu'on possède, ce qu'on fabrique, on apprend à patienter, à bichonner.

Ce n'est pas un drame, d'attendre. C'est nécessaire. Rien n'existe sans attente.

dimanche 9 octobre 2016

Bien dans et avec ma peau

Ma trombine en extra large, ça fait un peu narcissique, mais j'avais envie de marquer le coup, parce que j'ai passé un énorme cap en cette rentrée 2016.

Ma peau et moi, c'est une grande histoire de désamour. A l'adolescence, je n'ai pas été gâtée par l'acné, et ce n'était qu'un pan du package "mal dans mes baskets". J'ai eu beaucoup de boutons à partir de la 4ème (vers 13 ans), et je les ai gardés en masse jusqu'au bac, avec une amélioration vers 18 ans mais une peau qui a gardé ses imperfections tout au long de la vingtaine.
Depuis le lycée, je me maquille tous les jours ou presque. A l'époque avec des produits un peu cracra qui n'ont en rien arrangé les choses (bonjour le fond de teint plâtre de supermarché), mais je me dépatouillais comme je pouvais dans cette découverte de ma féminité, puis au fil du temps avec des cosmétiques plus adaptés à ma peau hyper réactive (merci Avène et La Roche Posay). Ça peut paraître fou mais jusqu'il y a peu, il m'était impensable de sortir et de croiser des gens sans avoir mis de fond de teint ou de bb crème. Mon visage à nu, je ne l'assumais pas, je n'en voyais que les imperfections : rougeurs, points noirs, peau grasse, cernes. Je ne m'aimais tout simplement pas. 

J'ai peu à peu appris à m'aimer ces dernières années, à être plus bienveillante avec moi-même, à relativiser les petits défauts. Parce que j'ai beaucoup été aimée, sans doute, par l'Homme. Parce que la maternité m'a apporté confiance en moi. Parce que j'ai plu à des hommes aussi. C'est pompeux de dire ça, mais je suis arrivée à l'âge adulte avec un déficit en confiance en moi assez considérable, dû à plein de vieilles valises pourries que je traînais de mon passé. Alors oui, plaire à quelqu'un, ça fait du bien. 

En général, ces dernières années, les vacances d'été étaient pour moi l'occasion de mettre ma peau au repos, ce qui lui faisait le plus grand bien. Cet été, j'ai renouvelé l'expérience, même si mon maquillage était devenu de plus en plus léger les mois précédents, et j'ai trouvé que ma peau allait vraiment mieux. Ma routine visage a été beaucoup simplifiée cette année aussi et j'utilise des produits simples et naturels. 
Quand j'ai ressorti le fond de teint pour aller bosser début septembre, ce fut une véritable catastrophe. A midi, mon maquillage avait "tourné", je n'étais franchement pas très fraîche de visage, et ma peau sur-réagissait complètement (peau grasse +++, sécheresse, boutons...).
Alors j'ai accepté l'idée que le mieux était de ne plus la maquiller. Voilà presque un mois que je ne porte plus de fond de teint. C'était assez impensable pour moi d'aller bosser comme ça il y a peu encore. Je me contente d'un tout petit peu d'anti-cernes et d'un peu de noir sur mes cils. Et puis, certains jours, je me fais plaisir avec un rouge à lèvres un peu flashy, une belle bouche rouge, parce que j'ai aussi compris que c'était un atout chez moi, cette bouche et ce sourire dont on voit toutes les dents. 

Aujourd'hui, j'ai presque 29 ans, et je commence enfin à m'aimer telle que je suis. J'aurais envie de prendre par l'épaule celle que j'étais à 17/18 ans et de la rassurer. C'est assez chouette de vieillir un peu. On est beaucoup mieux dans sa peau à 30 ans qu'à 20 à mon avis. J'aurais envie de lui dire de ne pas avoir peur d'être elle, d'être naturelle. Que les garçons s'en fichent pas mal qu'on ait le teint impeccable (même que beaucoup nous préfèrent dans la simplicité d'un visage au réveil), qu'on ait du poil aux pattes, des vergetures. Qu'elle perd un temps précieux à se dénigrer, finalement... et que l'intérieur non plus n'est pas fait de planches pourries, d'ailleurs, malgré tout ce qu'elle a pu entendre...

dimanche 2 octobre 2016

Une semaine chez Eulalie #6

J'espère que la semaine a été bonne chez vous !Ici elle ne fut en tout cas pas mauvaise.
Faute d'un vrai bel article qui soit finalisé, je reviens avec un petit article fourre-tout !

Cette semaine chez Eulalie, il y a eu :

- du tricot et du crochet ! Il n'y a pas à dire, ce sont vraiment mes activités préférées pour les soirées d'automne qui arrivent. Rien de tel pour décompresser en papotant, d'autant qu'on a enfin viré les télés de la maison (victoire !!).

- des réunions. Au travail, avec un super buffet dans un lycée hôtelier où j'ai mangé un fromage qui serait apparemment celui qui a été élu "meilleur formage du monde" récemment (rien que ça!). Et à l'école, avec la nouvelle instit du Crapaud. Elle surkiffe son métier, elle est branchée nature et Montessori, bref, vous l'aurez compris, je l'ADORE ! (je retournerais bien en maternelle, tiens!).

- du fait maison (quiche, brioche, confitures, brunch avec pancakes...), comme souvent. On arrive à garder le rythme malgré la rentrée.

- un nouveau petit projet qui a éclos, en binôme avec l'Homme. On a pris toutes nos valeurs communes, tous les petits progrès qu'on a faits depuis le début de notre aventure zéro déchet et toutes nos envies futures, on a secoué un grand coup, et ça a donné un nouveau petit blog, que vous pouvez découvrir par là-bas (n'hésitez pas à nous suivre sur les réseaux sociaux!) :

- une chouette sortie dominicale avec ramassage de déchets (on a été assez surpris de la quantité de trucs ramassés dans un endroit qui semblait assez respecté à vue d'oeil...)

Une belle semaine chez vous !!!

mardi 27 septembre 2016

Le mardi soir

L'article du jour est un peu particulier. Ce n'est pas moi qui l'ai écrit, mais l'homme.
Et cette ode à nos mardis soirs, je la trouve absolument magnifique.


Le mardi soir, la mécanique implacable de l’horloge-semaine s’est mise en route depuis plus de quarante huit heures. Mais étrangement, son cliquetis se fait moins bruyant, parfois il est même inaudible. Le mardi soir n’aime pas trop faire de bruit de peur que les autres soirées découvrent son existence. C’est un oasis de silence dans le désert assourdissant de la semaine. Caché entre les inéluctables deux premiers jours et celui des enfants (qui, au regard de la fatigue parentale à la fin de cette journée, porte très bien son nom !), il est à l’endroit parfait. Dans l’entre-temps.
Le mardi soir est un de ces instants où, de manière quasi invisible, l’air ambiant s’imprègne de magie; la magie du contre-sort.
Vers dix huit heures, après être rentré du travail, l’un d’entre nous ira chercher les courses accompagné d’un ou deux de nos petits bouts. On mangera les restes de quiches d’hier soir pour le souper. Avec un peu de salade et de fromage, ça fera très bien l’affaire. Mieux, ce sera parfait ! Le mardi soir, on n’a ni le temps, ni l’envie de préparer un vrai repas du lundi.
Puis, presque comme tous les soirs, vers vingt heures, on ira coucher les enfants, on pourrait leur donner un bain mais ce soir ce sera plutôt une douche, on verra demain pour le bain, on aura plus le temps...
Doucement, imperceptiblement, les rituels familiaux, parfois semblables aux tables de la Loi, sont bouleversés. Une minuscule faille est apparue dans le pentagramme hebdomadaire et nous nous y engouffrons avec un plaisir non feint.
On mettra les enfants en pyjama, on lira l’histoire, on chantera les chansons et ils s’endormiront presque comme chaque soir...
Demain, ton travail est à la maison. On sait qu’on pourra dormir un peu plus tard et même si les enfants ne nous en laissent pas vraiment l’occasion, ça reste possible.
Presque comme chaque soir, nous nous mettrons dans le canapé où nous dégusterons un thé ou un alcool, juste un peu plus lentement. Nous lirons des passages des livres qui nous plaisent en écoutant de la musique, juste un peu plus longuement. Sachant qu’on se couchera un peu plus tard que d’ordinaire, nous étirerons une à une les minutes afin que le temps s’écoule un peu moins vite.
Le bonheur du mardi soir est souvent fait d’un amoncellement de petits plaisirs presque anodins. Il se niche dans les «presque comme » et dans les « un peu ».
Et puis parfois, sans raison autre que le hasard du jour, le sujet de discussion ou la beauté du temps, le mardi soir se transforme en explosion de l’inattendue, en conflagration de l’imprévisible. Guidés par l’impérieuse nécessité de se savoir en vie, sur un coup de tête, pariant contre nos propres capacités, on décide d’aller pique-niquer sur la plage, de courir sur le sable en faisant semblant d’éviter les vagues, de chercher des cailloux-souvenirs que l’on pourra ramener comme trésors. Et l’on goûte au plaisir de rouler dans la douceur de la nuit, les enfants endormis à l’arrière de la voiture et ta main posée sur la mienne dans le silence de l’habitacle. Dans ces heures apaisées, à l’abri du monde, on sait que l’utopie n’existe pas. Jeudi est encore loin.
Le mardi soir est un amuse-bouche de week-end qui a le double goût de l’antédimanche soir.